Pour un accès de toutes et tous au sport

Après la clôture des Jeux Paralympiques d’Hiver de Milan-Cortina 2026 il y a quelques semaines, le lancement de la Semaine Olympique et Paralympique donne l’occasion de se pencher sur la question centrale de l’égal accès au sport. 

Si les Jeux Paralympiques permettent la valorisation des athlètes handicapés, ils contribuent à en diffuser une image partielle et biaisée. Les médias héroïsent de moins en moins les sportifs handicapés et se concentrent sur leurs performances sportives comme pour tout autre athlète. Mais, en excluant les athlètes avec certains handicaps (surdité, altération des fonctions psychiques, mentales ou cognitives, troubles du neurodéveloppement, etc.), les JOP ne permettent toujours pas la représentation de la diversité des situations de handicap. Les autres évènements parasportifs, comme les Deaflympics ou les Special Olympics, ne sont pas autant médiatisés.  

Au-delà de la pratique sportive de haut niveau, les personnes handicapées doivent pouvoir accéder à l’activité physique et au sport du quotidien, qu’il soit de loisir, de bien-être ou de compétition. Pourtant, d’après le baromètre national de l’INJEPseules 47% des personnes handicapées en France déclarent pratiquer régulièrement une activité sportive, contre 80% de la population globale. 46,5% des personnes interrogées par une enquête de LADAPT attribuent leur manque de pratique sportive à une cause liée à leur handicap.  

La dimension sportive ne se limite pas à l’exercice physique ou à la performance. Les personnes handicapées doivent pouvoir participer à toutes les activités sociales et moments de socialisation qui se déroulent avant et après l’activité physique (dans le vestiaire, par exemple). Elles doivent également pouvoir être spectatrices du sport. 

Or, de nombreux obstacles s’opposent à l’inclusion par le sport : inaccessibilité des lieux, des équipements et des évènements sportifs, autocensure, difficile accès à l’information, surcoûts pour l’adaptation des matériels ou l’accès aux lieux accessibles, méconnaissance des capacités et besoins, manque de médiatisation des évènements de parasport, manque de moyens dans les ESMS, etc. 

Il est essentiel d’agir pour améliorer la situation de ces personnes en replaçant leurs besoins et envies au centre de la politique publique du sport ! 

Pour cela, le Collectif Handicaps appelle à : 

  • Renforcer les mesures incitatives et dissuasives (contrôles et sanctions) pour rendre pleinement accessibles les lieux, équipements et évènements sportifs (accessibilité universelle des ERP, des services numériques, des supports de communication et d’information, de la signalétique, d’aménagement des espaces et des ambiances sonores et visuelles, etc.)   
  • Mieux référencer, par bassin de vie, toutes les offres d’activités physiques et sportives possibles (mixtes ou non), ainsi que les équipements adaptés disponibles et en faciliter les mutualisations (développement de Handiguide et Trouve ton Sport, communication sur les initiatives et bonnes pratiques locales, accompagnement du maillage territorial, etc.)   
  • Garantir la formation de tous les professionnels concernés : 
    Former les encadrants (professionnels et bénévoles) à l’accueil et l’accompagnement des sportifs en situation de handicap, notamment grâce à des formations croisées avec des professionnels du secteur du handicap, de la jeunesse, de l’éducation, etc.    
    Former les enseignants (formation initiale et continue) et leur donner des ressources pour l’EPS des jeunes en situation de handicap  
    Former les professionnels de santé (y compris les médecins et infirmiers scolaires et les médecins MDPH) pour éviter les dispenses systématiques de sport et mettre en place des aménagements 
  • Améliorer la médiatisation du parasport (en compétition ou non) et d’une plus grande diversité de handicaps   
  • Prendre en charge l’activité physique adaptée prescrite    
  • Augmenter les aides financières individuelles à la pratique sportive et à l’achat/entretien de matériels adaptés 
  • Attribuer plus de moyens aux ESMS, pour leur permettre d’inclure pleinement les APS dans leur projet d’établissement ou de service, d’organiser des partenariats avec les acteurs sportifs locaux (passerelles ESMS/clubs sportifs) et de recruter des professionnels dédiés  

La nouvelle stratégie nationale Sport & Handicap 2030 va dans le bon sens : elle doit maintenant se traduire en actions et moyens concrets, sans quoi le sport restera largement inaccessible à toute une partie de la population. 

Télécharger la contribution du Collectif Handicaps sur le sport 

Accéder à nos revendications sur le sport dans notre bilan de la loi de 2005