Stéréotypes et préjugés concernant les personnes handicapées : la CNCDH remet son rapport au gouvernement.

Dans le cadre du nouveau mandat qui lui a été confié, la CNCDH a présenté au gouvernement, le 21 juillet, un rapport préliminaire intitulé « Connaître, définir, sensibiliser, combattre les stéréotypes et les préjugés à l’égard des personnes handicapées ».

Dans le but de promouvoir une perception positive des personnes handicapées et une conscience sociale plus poussée à leur égard, le Premier ministre a souhaité mesurer l’impact de la lutte contre les stéréotypes et les préjugés à l’égard des personnes handicapées et d’évaluer les politiques menées en la matière. La CNCDH a ainsi été désignée comme rapporteur national indépendant sur la mise en œuvre et l’effectivité des droits des personnes en situation de handicap.

Dans son rapport préliminaire, la CNCDH analyse dans quelles mesures la permanence de stéréotypes et de préjugés dans notre société à l’égard des personnes handicapées entraîne des discriminations multiples et multiformes, et une égalité plus symbolique qu’effective.

Quatre principaux constats :

  • Les Français n’ont qu’une vision parcellaire du phénomène du handicap en France
  • Des disparités entre les attitudes souhaitées et projetées (humanité, accueil) et les attitudes réelles dans la rencontre avec des personnes handicapées.
  • Décalage générationnel : les personnes plus âgées envisagent plus facilement que les plus jeunes l’idée d’une compatibilité entre le handicap et une vie épanouie et une image de soi positive.
  • Le handicap est perçu comme une épreuve, un incident, cause de souffrance.

La CNCDH appelle non seulement à changer le regard mais aussi à construire collectivement une culture de l’acceptation et de la reconnaissance des situations de handicap et des personnes qui les vivent, d’autant plus que chacun peut un jour se retrouver dans une situation de handicap, de manière transitoire ou définitive. La CNCDH appelle également à prendre conscience de l’importance du décalage entre l’ambition de discours politiques au plus haut niveau et la réalité vécue au quotidien.

L’ambivalence des attitudes, oscillant entre paternalisme et évitement, résumant les personnes handicapées à des sujets de soins, doit céder la place à une approche par les droits des personnes handicapées, qui ne sont ni des héros ni des victimes, mais des citoyens à part entière.