« Affaiblir ou fragmenter l’agence nationale Santé publique France constituerait une régression »

Une large coalition de 350 acteurs de santé publique (enseignants-chercheurs, professionnels de santé, associations professionnelles, associations de malades et d’usagers du système de santé…) prend la parole à la suite de l’annonce d’une possible réorganisation de Santé publique France, l’agence nationale de santé publique, qui prend un air de quasi-démantèlement de son activité en matière de campagnes de prévention.
 
En dix ans d’existence, Santé publique France a pourtant montré la valeur ajoutée d’une agence publique alliant surveillance de l’état de santé de la population, veille et alerte sanitaires, prévention et promotion de la santé. Pour protéger les populations, il est en effet indispensable de disposer d’une expertise publique forte, structurée et indépendante des décideurs politiques. Le transfert des campagnes de prévention au ministère de la santé, sous l’autorité directe du gouvernement, menace un principe fondamental : la distinction entre l’évaluation scientifique des risques et la décision politique.
 
Cette annonce intervient sans bilan public, sans évaluation partagée, sans concertation avec la société civile. Elle s’inscrit dans un climat préoccupant, marqué par une mise en cause récurrente des institutions scientifiques et des agences chargées d’alerter, de réguler et de protéger. L’expérience états-unienne illustre les risques d’une production – ou d’une destruction – de connaissances inféodée au pouvoir politique.

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